Rencontre avec Lusine Bardon-Hambardzumyan : conseillère des Français en Arménie et en Géorgie

Arménie francophone
22.04.2026

Le 31 mai 2026 se tiendront les élections des conseillers des Français de l'étranger pour l'Arménie et la Géorgie. Mme Lusine Bardon-Hambardzumyan se représente pour un troisième et dernier mandat. Le Courrier d’Erevan a rencontré cette cheffe d’entreprise, présidente du Conseil consulaire en en Géorgie et membre active de l’Union des Français de l’Étranger (UFE), pour dresser le bilan de ses deux mandats et évoquer ses projets pour l'avenir.

 

Par Gabrielle Delorme 

 

Pouvez-vous vous présenter ? 

Je suis Arménienne et Française, biologiste de formation de l’Université d’État d’Erevan et maintenant cheffe d’entreprise basée à Tbilissi, en Géorgie. Depuis 1997, je suis mariée avec un Français et donc intégrée depuis dans la communauté française. En 2013, je suis devenue présidente de l’Union des Français de l’Étranger en Géorgie. J'ai été élue en tant que conseillère des Français à l’étranger en Arménie et en Géorgie une première fois en 2014 puis réélue en 2021.Depuis 2023, je suis élue à l’Assemblée des Français de l’Étranger où je siège à la commission des Lois, des règlements et des affaires consulaires. Et je suis aussi chargée de mission pour le groupe politique Les Républicains. Mais je n’ai jamais considéré mon mandat comme le relais d’une étiquette partisane. Je ne fais pas de politique partisane, je fais de l’action utile. J’ai pu être soutenue, comme j’ai pu soutenir certaines initiatives, mais toujours avec une ligne claire : travailler avec toutes celles et ceux qui peuvent agir concrètement pour notre communauté, sans exclusive.

 

Oui, j’ai des convictions. Mais j’ai fait le choix de rester libre dans mes décisions, fidèle à une seule priorité : les Français d’Arménie et de Géorgie. 

 

Aujourd’hui, je m'engage pour mon troisième mandat de conseillère consulaire, qui sera le dernier, parce que nous avons le droit de nous présenter seulement trois fois. À côté, je co-préside aussi la fondation "RIBIRABO" qui s'occupe de la restauration et de la préservation des mosaïques du XXe siècle. 

 

Quel est concrètement votre rôle en tant que conseillère des Français à l’étranger ?

Le mandat de conseillère des Français de l’étranger est un mandat de proximité et d’action. Mon rôle c’est d’accompagner les Français en Arménie et en Géorgie dans leurs démarches, dans leurs situations et de faire remonter leurs préoccupations aux autorités français notamment l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) mais aussi au Sénat ou à l’Assemblée nationale. Je suis le maillon entre la communauté française et l’administration française. Je débloque les situations personnelles et j’améliore durablement les règles pour que la communauté française vive mieux et soit entendue. 

 

Qu’avez-vous réellement fait pendant votre deuxième mandat ?

D'abord, j’ai toujours été présente pour tout le monde. J’ai accompagné des familles, j’ai suivi les situations individuelles, je suis intervenue sur les dossiers de bourses, de sécurité ou les démarches administratives. Encore aujourd’hui, deux électeurs m’ont appelé parce qu’ils ont reçu une lettre de l’ambassade concernant les bourses et qu’ils ne savent pas quels papiers envoyer. Je les suis dans tout le processus. 

Mais j'ai aussi été présente pendant toutes les crises — sanitaires, économiques, sécuritaires — pour accompagner, informer et soutenir les gens.

Ensuite, j'ai soutenu la vie associative et les initiatives locales notamment via le dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l'étranger (STAFE). Concrètement, c'est six projets : trois en Arménie et trois en Géorgie, que j’ai défendu à Paris où ont lieu les commissions nationales, là où on étudie les dossiers. J’ai plaidé auprès de mes collègues à l'AFE, qui sont membres de cette commission, pour débloquer les dossiers.

 

Il y a aussi évidemment le travail que je porte à Paris, sur les droits, la protection sociale, la simplification des démarches et sur des sujets essentiels comme la protection de l'enfance et la lutte contre les violences intrafamiliales. Parce que mon rôle, c'est d'accompagner, mais aussi de faire évoluer les dispositifs pour qu'ils soient plus adaptés aux réalités locales. Mon objectif a toujours été le même : obtenir des résultats concrets, et pas simplement faire des annonces. C'est ce que j'ai fait. 

 

Quel rôle joue votre suppléant ?

Le mandat de conseiller des Français de l'étranger est un mandat de responsabilité personnelle claire : on élit une seule personne pour deux pays, et c’est elle qui exerce pleinement les responsabilités pendant toute la durée du mandat. Mon suppléant me remplacera si je ne peux plus exercer ses fonctions, en cas de démission ou d’empêchement.

Mais au-delà du cadre institutionnel, je m'appuie beaucoup sur notre travail d'équipe. Mon suppléant, Nelson Zuloyan, m'épaule déjà depuis cinq ans, il constitue un appui précieux sur le terrain.  C'est un homme d'affaires très engagé à mes côtés et auprès de la communauté française, en Arménie surtout, il connaît parfaitement le terrain et ses réalités. Son engagement renforce notre capacité à être présents, à l’écoute et efficaces. C’est pour moi une manière d’allier responsabilité claire et travail d’équipe, au service de nos compatriotes. Il est membre de la Commission de contrôle des listes électorales, membre de l’UFE, membre de conseil d’administration  de la Chambre de commerce internationale (ICC-Arménie) et dirige un hôpital à Erevan. 

Mais il est important de le rappeler clairement : officiellement, pendant le mandat, il n'y a qu'un seul élu. 

 

Quelle est votre présence en Arménie ?

J’habite à Tbilissi, mais je suis chaque mois en Arménie. Je participe à tous les conseils consulaires, notamment ceux concernant les bourses scolaires et la sécurité sociale. Je ne suis jamais absente. Je suis disponible 24 heures sur 24 au téléphone pour les Français en Arménie, et il est très facile pour moi de me déplacer entre les deux capitales. C’est un travail souvent discret, mais derrière chaque dossier il y a une personne, une famille et une histoire. En dehors de ce travail de présence quotidienne, j’ai poussé et soutenu la création de l’UFE en Arménie, qui est présidée maintenant par M. Armand Armen Mnatzakanian.

Je serai d'ailleurs à Erevan le 27 avril 2026 dans l’objectif de rencontrer et de retrouver la communauté française. Le 29 avril, le sénateur Christophe-André Frassa viendra me soutenir à Erevan. Et le 30 avril, j’accueillerai la communauté française pour un cocktail à l’Hôtel Ibis. 

 

Pourquoi êtes-vous candidate à nouveau ?

Je suis candidate à nouveau parce que les attentes de la communauté française ont beaucoup évolué et que les situations sont aujourd'hui encore plus complexes. Il reste du travail à faire. Ma conviction est très simple : je veux rester utile concrètement pour les Français et continuer mon action, que je mène depuis 12 ans. 

 

Pourquoi vous et pas un autre candidat ?

Vous savez, être nouveau, ça compte, évidemment. Le renouvellement est important, mais ce qui compte vraiment, c'est l'efficacité. Dans des situations parfois urgentes et complexes, la rapidité et la pertinence de la réponse sont primordiales.

Il faut avoir l'expérience nécessaire pour agir immédiatement. Aujourd'hui, être proche des Français ne suffit pas ; il faut être capable d'intervenir au bon moment. Je pense que face à des situations de plus en plus urgentes et difficiles, mon expérience est un atout indispensable pour obtenir des résultats. Par exemple, j’ai aidé une famille à obtenir le certificat de nationalité française dont ils avaient absolument besoin. Ça s’est fait grâce à mon travail avec l’administration française qui peut être très lente. En étant en contact avec les sénateurs, j’ai réussi à faire débloquer la démarche et à obtenir ce certificat. Et cela a été possible parce que je connais les dossiers et que je peux agir immédiatement. Voilà, c’est ma capacité à agir efficacement qui fait la différence entre un nouveau candidat et moi.

 

Quelles sont vos priorités pour ce nouveau mandat ?

Mes priorités se résument en trois mots : protéger, accompagner et préparer l'avenir. C'est très simple, mais c'est l'essentiel.

D'abord, je veux garantir que chaque Français, en Arménie comme en Géorgie, puisse accéder à ses droits de manière simple et équitable. Cela passe par une protection sociale qui doit être plus lisible et par un accompagnement personnalisé, avec une attention particulière pour les plus vulnérables : les personnes âgées, les familles en difficulté ou les personnes en situation de handicap.

Ensuite, l'éducation est un pilier essentiel. Je continuerai à défendre un enseignement français de qualité, accessible à tous, et je veillerai à la maîtrise des frais de scolarité, car ils augmentent assez significativement en Arménie et en Géorgie. L'éducation est fondamentale pour les jeunes ; il vaut mieux les accompagner dans leur parcours, leur orientation et leur accès à l'enseignement supérieur, par exemple.

Troisièmement, la sécurité de notre communauté reste une priorité absolue. En cas de crise, il est essentiel de pouvoir compter sur des dispositifs efficaces, une information claire et un accompagnement très réactif. Au niveau individuel, je poursuivrai aussi mon engagement contre les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes. Enfin, je souhaite davantage soutenir les initiatives économiques, les entrepreneurs, les projets associatifs et renforcer les liens entre les membres de notre communauté.

Mon objectif est simple : que chacun sache vers qui se tourner et ne se sente jamais seul. 

 

Vous évoquez les violences intrafamiliales, pourquoi ?

C'est un sujet très sensible, mais essentiel, et il est trop souvent invisible. C’est particulièrement vrai à l'étranger, où l'isolement peut aggraver les situations. À l'Assemblée des Français à l’étranger, j'étais rapporteuse sur ces questions, ce qui m'a permis de travailler concrètement à une meilleure identification des situations et au renforcement des dispositifs d'accompagnement. Et au-delà du travail institutionnel, il y a aussi une réalité humaine : des femmes, des enfants, parfois des familles entières qui se trouvent sans repères et loin de leur réseau habituel. Mon rôle est donc d'informer, de prévenir et d'accompagner, en lien avec les services consulaires et acteurs compétents, toujours dans le respect strict de la confidentialité, ce qui est primordial pour la sécurité des personnes. Je continuerai à agir pour mieux faire connaître les dispositifs d'aide et renforcer la prévention. Il faut accompagner les victimes de manière concrète et sécurisée. Je m’engage à continuer de porter ces combats avec exigence, responsabilité et humanité. 

 

Pourquoi voter pour vous ?

Parce que je suis une élue de terrain, engagée depuis 12 ans aux côtés des Français. Et qu’être élue, pour moi, c'est être présente, accessible et pleinement engagée dans la durée. Et surtout, c'est ne jamais laisser personne seul face à une difficulté. Mon engagement est concret, quotidien et guidé par un seul objectif : être utile. Cet engagement, je le mène avec vous et pour vous. C'est mon slogan et je le répète : rien ne remplace l'écoute, le dialogue et la confiance.

 

Je connais les réalités des gens, leurs difficultés et leurs attentes. Je sais aussi comment faire avancer les dossiers à Paris, défendre nos intérêts et améliorer les dispositifs qui nous concernent. C'est cette double capacité d'être proche des Français en Arménie et en Géorgie, tout en agissant efficacement au niveau institutionnel, qui me permet d'obtenir des résultats.

 

Les années que nous venons de traverser ont montré combien notre communauté est forte lorsqu'elle est unie. Je veux continuer à être aux côtés des Français en Arménie et en Géorgie, avec sérieux, avec engagement et avec une seule priorité : obtenir des résultats concrets pour chacun d'entre nous. 

Enfin, pour conclure, j’aimerai vous partager une citation de Victor Hugo que j’aime vraiment et qui je crois me ressemble : « J’ai fait un peu de bien, c'est mon meilleur ouvrage. »