L’engagement de SPFA pour l’Arménie, et avec la Francophonie pour les Arméniennes
Dans le cadre de son programme « Francophonie avec Elles», l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) soutient des initiatives locales venant en aide aux femmes de l’espace francophone en situation de vulnérabilité. En 2025, ce fonds a pour la première fois soutenu des projets en Arménie.
L’association SPFA (Solidarité Protestante France-Arménie) en est l’une des porteuses. L’occasion de revenir sur le travail de l’association, dont la présence précède celle de la France en Arménie, avec Hélène Ohanjanyan, directrice de projets à SPFA.
Par Camille Ramecourt
La Francophonie avec Elles arrive en Arménie
Chaque année, le fonds de l’OIF sélectionne des projets autour de trois dimensions : l’inclusion économique et sociale des femmes, l’amélioration de leur accès aux formations professionnelles, et le soutien au développement d’activités génératrices de revenus et la facilitation de l’accès aux opportunités économiques.
En 2025, pour la 6e édition du Fonds, le projet de SPFA, intitulé « Autonomisation économique pour l’avenir des femmes », a été retenu, Hélène Ohanjanyan nous le présente :
" Nous sommes très heureux de ce projet, mais c'est aussi une grande responsabilité. Trente-cinq femmes de la ville de Vanadzor ont suivi des formations professionnelles. Certaines se sont formées à la comptabilité, d’autres au numérique, tandis que d’autres encore ont choisi de se former au métier de guide touristique, avec un apprentissage du français. Dans un deuxième temps, nous allons organiser des ateliers et des conférences de renforcement des capacités professionnelles, favoriser la création de réseaux entre les participantes et les accompagner dans leur parcours vers l’insertion professionnelle.
A travers ce projet, notre objectif est de donner à ces femmes des compétences concrètes, mais aussi de renforcer leur confiance en elles et de leur permettre de construire progressivement leur autonomie économique. »
Après une première année dédiée à la formation professionnelle, le projet entre dans sa seconde phase, celle de l’insertion professionnelle des femmes formées.
Allant au-delà du nombre de bénéficiaires initialement prévus (35), ce sont 45 femmes qui ont suivi des formations avec des organismes habilités et de qualité. Chacun des organismes de formation a eu à cœur de ne pas seulement être un prestataire, mais un acteur à part entière de la réussite du projet.
Le Vanadzor Technology Center (VTC) a adapté sa formation au numérique au niveau initial des bénéficiaires et s’est proposé de mettre à disposition, 7 jours sur 7 et 24 h sur 24 h, ses locaux et ordinateurs pour les femmes qui souhaitent s’entraîner et qui n’ont pas le matériel à disposition chez elles.
L’organisation formatrice « Lori DMO », en charge de la formation touristique, continue, après la formation, à inviter les femmes qu’elle a formées à assister à de nouvelles visites touristiques pour continuer à les habituer à cet exercice et renforcer leurs compétences. Certaines ont d’ailleurs déjà reçu des offres d’emploi.
Quant à la formation en comptabilité, chacune des 9 femmes qui ont terminé la formation a reçu en dotation un ordinateur équipé du logiciel comptable officiel arménien.
Jusqu’à la fin du projet en septembre 2027, celles qui choisissent la voie du salariat seront accompagnées pour trouver un travail. Elles bénéficieront d’un appui pour apprendre à rédiger un curriculum vitae, à se présenter avec assurance et à mettre en valeur leur expérience. Celles qui choisissent la voie de l’entrepreneuriat seront accompagnées dans leur démarche de création d’entreprise ; elles seront formées à la gestion financière et au démarchage de clients. Les contacts avec des clients et des entreprises potentiels seront facilités.
Une partie des bénéficiaires du projet du Fonds
Par ailleurs, depuis 2003, la SPFA organise annuellement une université d’été, initialement dédiée aux bénéficiaires des clubs de français que l’association anime à travers le pays. Cette année, dans la ville de Stepanavan, cette tradition s’accorda au projet de La Francophonie avec Elles, afin de contribuer au réseau et aux projets d’avenir des apprenantes :
« Cette année, l’édition était un peu particulière, car elle comportait également une dimension de renforcement des compétences pour les femmes bénéficiaires des formations. Elles ont ainsi eu l’occasion de rencontrer des femmes professionnelles ayant une carrière réussie. Ces rencontres leur ont permis d’échanger sur la place des femmes dans notre société, de recevoir des encouragements et des conseils pratiques sur leur parcours professionnel.
Ce fut un très beau moment d’échange, d’apprentissage et de détente à la fois. L’Université d’été a également permis d’aborder des sujets d’actualité, notamment la biodiversité, en prélude à la COP17 qui se tiendra en octobre en Arménie. Cette expérience illustre bien notre volonté de proposer aux bénéficiaires des activités qui vont au-delà de la formation technique : nous souhaitons également leur permettre de rencontrer des modèles inspirants, de développer leur réseau, de renforcer leur confiance en elles et de découvrir de nouvelles perspectives. »
Laura, à 22 ans, a interrompu ses études d’anglais et de littérature. Elle est passionnée par les langues et elle regrette d’avoir dû arrêter ses études. Elle était heureuse de trouver une formation gratuite d’apprentissage du français et de tourisme qui lui permettrait de travailler tout en parlant des langues étrangères.
Son employeur a accepté d’aménager ses horaires pour lui permettre de suivre la formation.
Lori DMO l’inclut toujours pour venir participer à des visites touristiques et renforcer ses expériences pratiques auprès de professionnels du secteur.
« J’ai déjà créé des contacts dans le domaine du tourisme et je travaille même à la création de ma propre agence de voyages. Je l’ai appelée Calmspace.arm et j’essaie de la développer petit à petit. J’organise, avec un collectif de bénévoles, des randonnées gratuites dans la région avec des amis et des connaissances. »
Elen a 27 ans. Avant de commencer le programme, elle travaillait déjà dans le secteur du tourisme et elle a monté l’initiative « Arshavci » qui propose des randonnées et des excursions en Arménie. Elle travaillait de manière autodidacte, sans formation professionnelle de guide.
La formation en tourisme lui a permis « d’aborder de manière plus structurée » cette activité et de mieux comprendre les exigences du secteur et comment développer son initiative de manière durable. « Cette expérience a également renforcé mon autonomie et ma place dans la société ». « Il est également important de s’entourer de personnes qui soutiennent notre développement et de savoir saisir les opportunités qui peuvent nous faire avancer ».
Arina est réfugiée d’Artsakh et elle est arrivée en 2023 à Vanadzor. Elle est titulaire d’une licence d’économie et elle a travaillé dans le domaine comptable et administratif pendant 13 ans, jusqu’à son déplacement en Arménie. A cause de son âge, elle ne pensait pas être sélectionnée pour la formation, mais c’est la première formation gratuite de comptabilité à Vanadzor qu’elle a trouvée, elle s’y est donc inscrite.
« La formation m’a permis de me retrouver comme au travail en Artsakh. Il était important de renouveler mes compétences, d’avoir un rappel professionnel adapté à la législation arménienne. ». « Recevoir un ordinateur avec un logiciel comptable est un vrai plus pour commencer à travailler. » « Je vais pouvoir améliorer notre niveau de vie et ne pas être dépendante de salaire de mon mari. » « Un conseil : il faut choisir une spécialité, rester fidèle à ce choix. »
Anahit a 20 ans et elle est étudiante.
« La formation m’a permis de développer de nouvelles compétences, notamment avec l’intelligence artificielle. Grâce à cela j’ai pu commencer à travailler pour une entreprise de création d’animations, Artboost. J’ai des horaires aménagés pour continuer mes études et je donne aussi des cours particuliers de français. Ces activités me permettent déjà de prendre en charge mes frais du quotidien. Aussi, j’ai déjà reçu une proposition de diriger une visite touristique, mais je n’ai pas pu l’accepter à cause de mes horaires. Toutefois, je pense qu’une telle opportunité se représentera. »
La reconnaissance du rôle des femmes en Arménie
« Je trouve que les femmes ont toujours eu un rôle important et essentiel dans la société arménienne », présente Hélène Ohanjanyan.
Née en Arménie, elle y a appris le français à l’Université Linguistique Brussov et a travaillé pendant plusieurs années à la SPFA, avant de déménager en France pour prendre son poste de directrice de projets. «Les femmes sont très présentes dans la vie familiale, professionnelle, associative et éducative, et elles contribuent considérablement au développement de la société. Les femmes veulent apprendre, se perfectionner, développer leurs compétences et devenir plus compétitives sur le marché du travail. Mais il existe évidemment encore des difficultés, notamment en matière d’accès à l’emploi dans les régions et de conciliation entre vie professionnelle et responsabilités familiales.»
Son parcours lui permet d’avoir une vision panoramique de la place des femmes en Arménie : « Mon expérience à l’étranger, m’a permis de découvrir d’autres réalités sociales et professionnelles et d’observer différentes évolutions concernant la place des femmes dans la société.
La diaspora européenne peut apporter des expériences, des compétences et des modèles inspirants, mais il me semble essentiel de ne pas chercher à transposer mécaniquement un modèle extérieur en Arménie.
Les changements les plus durables sont ceux qui prennent en compte les réalités culturelles, économiques et sociales du pays. Je vois donc la diaspora comme un pont entre l’Arménie et l’Europe : elle peut contribuer à créer des échanges, à transmettre des savoir-faire et à ouvrir de nouvelles perspectives, tout en restant à l’écoute des besoins et des réalités exprimés localement.
Pour moi, ces échanges sont particulièrement précieux, car ils permettent de partager des expériences et de s’enrichir mutuellement, sans opposer les modèles, mais en cherchant ce qui peut être adapté et utile au contexte arménien.»
L’Arménie connaît des disparités sociales et économiques particulièrement importantes, entre les villes Erevan, Gyumri, Vanadzor, et les territoires, souvent accentuées par des conditions climatiques pouvant être rudes. Par ailleurs, si les deux tiers des femmes du pays font des études supérieures, à peine plus de la moitié est représentée dans la population active, et même moins dans les zones rurales.
« Je pense que l’enjeu aujourd’hui est de passer d’une simple reconnaissance du rôle des femmes à une véritable reconnaissance de leur capacité à décider, à entreprendre et à participer pleinement aux choix qui concernent la société.»
Ainsi, la professionnalisation des femmes hors des villes est un moyen crucial de contribuer au développement du territoire entier, de renforcer sa résilience et d'endiguer l'exode rural. En effet, « une femme qui acquiert une compétence n’en bénéficie pas seulement elle-même : elle contribue au bien-être de sa famille et de sa communauté, elle peut ensuite la transmettre à d’autres et contribuer ainsi à créer une dynamique collective. »

Formation professionnelle des femmes
Ainsi, le canevas des missions de la SPFA est tissé du développement des territoires et de l’autonomisation des femmes, mais aussi par une troisième maille, qui est la francophonie. « A savoir que 90 % de nos élèves et étudiants dans les clubs francophones sont des filles. Cela n’a pas été fait exprès, mais je pense qu’en Arménie, la francophonie est davantage portée par les femmes. Ce sont souvent les filles qui choisissent d’apprendre les langues étrangères, et notamment le français.»
L’association, qui est par essence implantée dans les régions, utilise la francophonie comme moteur d’intégration dynamique en dehors de la capitale.
SPFA, une vocation francophone pour les territoires
« Pour moi, la francophonie ne se résume pas à la connaissance de la langue française. Elle représente avant tout un espace d’échanges, de dialogue et de coopération entre des personnes et des cultures différentes.
C’est dans cet esprit que SPFA a créé neuf clubs francophones sur l’ensemble du territoire arménien. Chaque année, environ 350 élèves et étudiants arméniens y apprennent gratuitement le français. La maîtrise du français leur permet ensuite de poursuivre des études supérieures, de trouver un emploi, mais aussi de s’ouvrir davantage sur le monde et de se développer sur le plan culturel.
Sur le terrain, concernant nos initiatives francophones, nous constatons un réel intérêt. D’ailleurs, c’est en réponse à cette demande qu’après la création du premier club francophone en 1993 à Erevan, huit autres clubs ont progressivement été créés dans différentes régions d’Arménie.
Au sein de ces clubs francophones, les jeunes ont la possibilité non seulement d’apprendre le français, mais aussi de suivre des formations, de participer à des conférences et à des ateliers avec des locuteurs natifs, de regarder des films et d’organiser des discussions. Ils peuvent également participer, en tant que bénévoles, aux projets humanitaires de SPFA et proposer leurs propres initiatives, qui sont très souvent soutenues par l’association. »
Ainsi, en plus d’être une actrice de la solidarité en Arménie, la SPFA est aussi moteur de la vie culturelle francophone dans le pays, et plus spécifiquement dans les régions, souvent moins privilégiées que les villes en matière d’éducation.
« Notre objectif est de faire du français un véritable outil d’ouverture. Nous souhaitons notamment favoriser l’accès à la langue française et renforcer les compétences des jeunes », développe Hélène.
« Ce qui est particulièrement encourageant, c’est de voir que les jeunes ne considèrent pas uniquement le français comme une matière à apprendre, mais comme une compétence susceptible de leur ouvrir de nouvelles perspectives, tant sur le plan professionnel que culturel et personnel.»
Et c’est une vision que l’association fait rayonner autour d’elle : elle a déjà suscité l’intérêt pour le français dans la ville d’Edjmiatsine, en 2006, en dynamisant son jumelage avec la ville d’Issy-les-Moulineaux, alors qu’à l’époque, aucune école n’enseignait encore la langue. Désormais, le français est offert aux écoliers, et il y a même une école qui propose l'enseignement du français renforcé.

Les jeunes du club d’Edjmiatsine
« Aujourd’hui, les liens avec le monde francophone, notamment dans le cadre de projets éducatifs et culturels, se sont considérablement intensifiés. L’adhésion de l’Arménie à l’OIF joue également un rôle très important dans cette dynamique. L’organisation du Sommet de la Francophonie en Arménie en 2018, ou encore l’accueil des Jeux de la Francophonie en 2027, sont des événements d’envergure nationale qui suscitent un intérêt accru pour la langue française et pour la francophonie.
De son côté, l’Ambassade de France met en place plusieurs projets de formation destinés aux enseignants de français afin de renforcer leurs compétences, de contribuer à la création de supports pédagogiques et de renforcer l’enseignement du français, avec pour objectif d’augmenter le nombre d’apprenants.
Je suis donc pleine d’espoir qu’avec l’ensemble de ces initiatives, portées par les différents acteurs de la francophonie en Arménie, l’Arménie deviendra un pays beaucoup plus francophone.»
Après une naissance dans la solidarité
L’association française qui s’est fondée à Gyumri, pour une aide d’urgence à la suite du tremblement de terre de Spitak en 1988, n’a eu de cesse de développer son offre de solidarité pour répondre à tous les besoins du terrain, qui se transforment aussi avec le temps.
« A cette époque, l’Arménie traversait une période très difficile : le séisme, la chute de l’URSS, le blocus énergétique, la guerre d’Artsakh… Plusieurs facteurs ont ainsi conduit au développement de cette première action d’urgence et, progressivement, à l’élargissement de nos activités. (...) A travers nos différents programmes, nous cherchons à apporter des réponses concrètes aux besoins identifiés sur le terrain : renforcement des capacités, accompagnement vers l’autonomie économique, éducation, insertion professionnelle et soutien aux initiatives locales.

Atelier « Joie de lire » dans les hôpitaux
Aujourd’hui, SPFA est présente dans presque tous les domaines : parrainage d’enfants, restaurant solidaire pour les personnes âgées, soutien aux activités destinées aux enfants en situation de handicap ou aux enfants de héros, construction et reconstruction d’écoles, de maternelles, de centres culturels, d’espace jeux et de salles de sport, approvisionnement en eau potable des villages dans les régions, animation des clubs francophones, mise en place de projets culturels comme la bibliothèque «Joie de lire», enseignement gratuit du français, projets agropastoraux pour les familles réfugiées et les familles locales en situation de précarité dans les régions, formations professionnelles pour les femmes, etc.
Tous ces projets sont importants à nos yeux. Si aujourd’hui SPFA est présente dans autant de domaines, cela signifie qu’il existe des besoins réels sur le terrain.
La joie est aussi grande lorsque l’eau arrive enfin dans les foyers, lorsqu’un jeune réussit ses études, lorsqu’un enfant aveugle parvient à lire en braille, lorsqu’une femme réussit à subvenir aux besoins de sa famille, lorsque les enfants et leurs enseignants peuvent travailler dans de meilleures conditions, ou encore lorsque les personnes âgées peuvent vieillir dans la dignité…»
L’association agit dans de multiples domaines, mais tous ont en commun des valeurs, qui rayonnent à travers les visages de la SPFA : « C’est une association qui m’a permis de grandir professionnellement, mais aussi de rester profondément engagée dans les domaines qui me tiennent à cœur, notamment la solidarité, la francophonie et le développement en Arménie », décrit Hélène, avant de conclure sur l’avenir des missions de l’association :
« Tant qu’il y aura des besoins, nous aurons des raisons d’agir. Pour les prochaines années, j’aimerais beaucoup que l’Arménie devienne un pays suffisamment développé pour que l’aide humanitaire de structures comme SPFA ne soit plus aussi nécessaire, et que nous puissions nous consacrer davantage aux projets de développement. C’est d’ailleurs dans cette direction que nous travaillons déjà aujourd’hui.
Notre ambition n’est pas simplement de multiplier les projets, mais de renforcer leur impact et leur pérennité, afin qu’ils puissent réellement contribuer à des changements durables. Quant à l’héritage que nous souhaitons laisser, ce serait avant tout celui d’une action qui a eu du sens.
Si, dans quelques années, certaines des femmes que nous avons accompagnées ont créé leur activité ou trouvé un emploi ; si les jeunes que nous avons accompagnés ont pris des responsabilités dans leur communauté ou simplement gagné suffisamment de confiance pour oser réaliser un projet qu’ils n’imaginaient pas possible auparavant ; si les enfants que nous avons aidés ont pu grandir, se développer et trouver leur place dans la société ; et si certains de nos bénéficiaires ont, à leur tour, pu aider d’autres personnes dans le besoin et ainsi faire vivre cette chaîne de solidarité, alors nous pourrons considérer que notre travail a véritablement eu du sens.
Au fond, c’est aussi cela que nous souhaitons transmettre : non seulement une aide, mais la possibilité pour chacun de devenir, à son tour, acteur de son propre avenir et de contribuer à celui des autres.»
Tant qu’il y aura des besoins, nous aurons des raisons d’agir.
« Pour l’avenir, je souhaite surtout que SPFA puisse continuer à répondre aux besoins qui émergent sur le terrain, à rester proche des populations et à accompagner celles et ceux qui en ont besoin. Tant qu’il y aura des besoins, nous aurons des raisons d’agir.
La situation est très différente entre la capitale et les régions. A Erevan, les femmes disposent de nombreuses possibilités de formation et d’accès à l’emploi. Dans les régions, elles n’ont pas toujours accès aux mêmes opportunités. Pourtant, elles ont envie d’apprendre, de travailler et font preuve d’une grande capacité de résilience. Je pense qu’il faut donner davantage de possibilités aux femmes qui vivent dans les régions afin de les aider à transformer leurs idées en projets et en opportunités concrètes.
Depuis trois ans, SPFA met en place des projets destinés notamment aux femmes réfugiées, aux mères célibataires, aux femmes issues de familles nombreuses ainsi qu’aux femmes en situation de précarité dans les régions.
En 2024-2025, l’un de ces projets a été mis en œuvre à Erevan, Goris et Gumri, avec le soutien de la Fondation de France. Il a permis de former des femmes dans différents domaines, notamment le numérique, la comptabilité, l’hôtellerie, la pâtisserie et la couture.
Depuis novembre 2025, nous mettons également en œuvre un projet d’autonomisation économique des femmes réfugiées et des femmes de la communauté locale à Vanadzor, dans la région de Lori, cette fois-ci, grâce au soutien de l’OIF, dans le cadre du Fonds "La Francophonie avec Elles".
Notre objectif est donc d’accompagner ces femmes vers une plus grande autonomie économique, de favoriser leur insertion professionnelle et de soutenir leurs initiatives entrepreneuriales. Une femme qui acquiert une compétence n’en bénéficie pas seulement elle-même : elle contribue au bien-être de sa famille et de sa communauté, elle peut ensuite la transmettre à d’autres et contribuer ainsi à créer une dynamique collective.
C’est précisément ce que nous cherchons à favoriser à travers nos projets en faveur de l’autonomisation des femmes : leur donner les moyens d’acquérir des compétences, de trouver leur place dans la vie professionnelle et, lorsqu’elles le souhaitent, de transformer leurs idées en véritables projets.”
Si, auparavant, dans l’esprit de nombreux Arméniens, la francophonie était essentiellement associée à la France, aujourd’hui cette notion devient plus large. Elle s’ouvre davantage aux différentes cultures et aux différents pays de l’espace francophone.»