
Les résultats de l’évaluation internationale PISA 2025 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) viennent d'être publiés. Pour la première fois, l’Arménie a participé à cette étude aux côtés de 91 autres pays et économies, ce qui a permis de mesurer les acquis de ses élèves et de les comparer à ceux observés à l’échelle internationale.
Les forces et les défis du système éducatif arménien
Les résultats mettent en évidence plusieurs points forts chez les élèves arméniens. Leur capacité d’adaptation et leur aptitude à se fixer des objectifs obtiennent chacune un score de 9 points. Le sentiment d’appartenance à l’établissement atteint 8 points, tandis que la prise de conscience de la valeur de l’école obtient 7 points et l’orientation vers le développement 6 points.
Le sentiment de soutien de la part des enseignants est également élevé : 84 % des élèves déclarent bénéficier d’un soutien important, tandis que 94 % évoluent dans un environnement scolaire qu’ils considèrent comme sûr.
Ces indicateurs montrent que les élèves arméniens disposent de plusieurs atouts sur lesquels le système éducatif peut s’appuyer : ils sont capables de s’adapter à des situations nouvelles, de se fixer des objectifs et se sentent globalement intégrés à leur communauté scolaire. Ils accordent également de l’importance à l’école et manifestent une volonté de développer leurs compétences.
L’un des principaux défis identifiés concerne toutefois la capacité à mobiliser les connaissances acquises dans des situations concrètes. La motivation des élèves constitue également un enjeu important. Les résultats soulignent ainsi la nécessité de faire évoluer les approches pédagogiques et de renforcer le dialogue avec les élèves afin de rendre l’apprentissage plus stimulant et plus concret.
Des réformes qui doivent encore produire leurs effets
Les résultats de PISA mettent en évidence les difficultés auxquelles le système éducatif arménien reste confronté. Ils sont également présentés par les autorités comme un indicateur confirmant l’orientation des réformes engagées ces dernières années.
L’un des changements majeurs réside dans le passage progressif d’un programme centré sur l’acquisition de connaissances à une approche davantage fondée sur le développement des compétences. Selon la Banque mondiale, une évolution positive a notamment été observée dans les résultats en mathématiques et en sciences dans la région de Tavush, où le nouveau programme avait été expérimenté.
Les premiers résultats des examens finaux des élèves ayant étudié selon cette nouvelle norme seraient également supérieurs à ceux des promotions précédentes. Depuis cette année scolaire, la nouvelle norme nationale du programme d’enseignement général est pleinement appliquée, de la première à la douzième année.
Plusieurs mesures concernent également les enseignants. Une prime de 25 % a été instaurée pour les enseignants du BTCH. Par ailleurs, environ un enseignant sur trois a déjà suivi une formation certifiante volontaire, rémunérée à hauteur de 200 000 drams et assortie d’une prime comprise entre 30 % et 50 %.
Des mesures spécifiques ont également été introduites pour les enseignants des écoles rurales accueillant jusqu’à 100 élèves : ils peuvent bénéficier d’une charge correspondant à une unité salariale complète, indépendamment du nombre d’heures effectivement dispensées. Le système de notation a lui aussi été révisé, avec une prime pouvant atteindre 50 %.
La promotion de la lecture figure par ailleurs parmi les priorités du gouvernement pour la période 2026-2031.
Davantage de moyens pour l’éducation
Le financement public consacré à l’éducation a progressé régulièrement ces dernières années. En 2026, il devrait atteindre environ 354 milliards de drams, soit près de 180 % du niveau de 2018. Quelque 301 milliards de drams sont destinés à l’enseignement public.
Le programme de construction et de rénovation des établissements scolaires constitue un autre volet important de la politique éducative. Sur les établissements devant être construits ou entièrement rénovés d’ici à la fin de 2026, 226 sont déjà achevés, les autres devant être livrés d’ici la fin de l’année. En parallèle, le gouvernement a approuvé un nouveau programme portant sur 300 écoles supplémentaires. La liste des établissements concernés est actuellement en cours de discussion.
Par ailleurs, 86 % des écoles disposent désormais de laboratoires dédiés aux STEM.
Le ministère relève également une diminution du nombre de postes d’enseignants vacants : alors qu’environ 1 400 postes étaient à pourvoir en 2023, ce chiffre est tombé à quelque 700 en 2025. Au cours des deux dernières années, près de 4 000 nouveaux enseignants ont rejoint le système scolaire, dont 80 % ont moins de 45 ans.
Une première photographie du système éducatif
Les préparatifs de la participation arménienne à PISA ont débuté en 2022. Entre mars et mai 2025, environ 7 000 élèves issus de 295 établissements scolaires arméniens ont participé à l’évaluation, en passant des tests élaborés selon la méthodologie internationale de PISA.
L’étude PISA est réalisée tous les quatre ans ; la prochaine évaluation aura lieu en 2029.
Les résultats obtenus doivent toutefois être replacés dans leur contexte. Les élèves ayant participé à PISA 2025 ont, pour la plupart, suivi l’ancien programme national d’enseignement. Les données de cette première participation constituent donc avant tout un point de référence permettant de mesurer, à l’avenir, l’impact du nouveau programme et des autres réformes engagées dans le secteur éducatif.
L’objectif sera notamment de pouvoir comparer les résultats de 2025 à ceux des prochaines évaluations et d’observer l’évolution des compétences des élèves.
Un recul des performances à l’échelle mondiale
Les résultats de PISA 2025 font également apparaître une tendance préoccupante à l’échelle internationale : les performances scolaires sont en recul dans de nombreux pays, particulièrement en lecture et en mathématiques. Dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les scores moyens ont diminué de plus de 20 points au cours de la dernière décennie, ce qui correspond, selon l’analyse présentée, à environ une année d’apprentissage perdue.
L’étude met également en évidence l’influence de nombreux facteurs sur les progrès des élèves, allant du soutien apporté par les enseignants et les parents à l’utilisation des technologies numériques et de l’intelligence artificielle.
Pourquoi l’Arménie participe-t-elle à PISA ?
Pour les autorités arméniennes, la participation à PISA constitue un objectif important de la politique publique en matière d’éducation. À l’instar d’autres évaluations externes, cette étude offre la possibilité d’identifier les progrès et les difficultés du système, mais aussi de mesurer l’impact des réformes dans le temps et de comparer les résultats de l’Arménie avec ceux d’autres pays.
Les résultats ne sauraient donc être considérés comme une fin en soi. Ils doivent désormais faire l’objet d’une analyse approfondie et d’un débat professionnel associant enseignants, chefs d’établissement, experts et décideurs publics.
La critique et le débat professionnels constituent des instruments indispensables pour améliorer le système éducatif. L’enjeu est toutefois de faire de ces résultats un outil de réflexion et d’action, plutôt qu’un sujet de polémique ou de sensationnalisme.
Pour consulter les informations détaillées du ministère de l’Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports :
https://escs.gov.am/articles/news/281








