
« L'Union européenne se prépare à aider l'Arménie à éviter toute ingérence russe lors des élections législatives prévues en juin. Pour ce faire, elle déploiera d'abord une « équipe d'intervention hybride » pour lutter contre la désinformation du Kremlin, puis enverra éventuellement une mission civile plus permanente dans ce pays du Caucase du Sud ».
La station de radio dispose d'une lettre datée du 13 février et adressée à Bruxelles par le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, dans laquelle il demande l'envoi d'un groupe de réaction rapide à Erevan. L'année dernière, l'UE avait envoyé un groupe similaire d'une vingtaine de personnes à Chisinau, pendant les élections législatives, afin d'aider les autorités moldaves à détecter et à contrer rapidement la désinformation diffusée par la Russie sur les réseaux sociaux.
Bruxelles et Chisinau ont jugé le projet fructueux et l'UE souhaite désormais le réitérer en Arménie, à l'approche d'élections importantes sur lesquelles la Russie devrait tenter d'exercer son influence.
Selon des notes diplomatiques discutées à Bruxelles, l'UE a l'intention de « soutenir la stabilité démocratique et l'intégrité de l'information en Arménie, tant à l'approche des élections de juin 2026 que dans le cadre du processus de paix en cours entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan », ajoutant que « le soutien apporté à l'Arménie doit clairement viser à réduire et à atténuer les activités déstabilisatrices de la Russie ».
Selon Radio Liberty, les États membres de l'UE ont également appelé le corps diplomatique et le service des relations extérieures à « poursuivre leur coopération avec l'Azerbaïdjan, en expliquant l'objectif du soutien de l'UE à l'Arménie et en soulignant la nécessité d'éviter tout impact négatif sur le processus de paix ». Auparavant, Bakou avait exprimé son inquiétude concernant l'aide militaire non létale fournie par l'UE à l'Arménie ces dernières années, ainsi que la mission d'observation actuelle de l'UE en Arménie. Cette dernière opère du côté arménien de la frontière avec l'Azerbaïdjan depuis 2023, avec pour mandat de renforcer la confiance et de surveiller la situation.
Si elle est approuvée, la nouvelle mission se concentrera davantage sur les menaces hybrides, notamment « la protection de l'intégrité du processus électoral, ainsi que d'un éventuel référendum constitutionnel qui pourrait avoir lieu immédiatement après ».
Selon plusieurs diplomates de l'UE interrogés par RFE/RL, les parties prévoient de lancer la mission avant le sommet UE-Arménie, qui se tiendra à Erevan le 4 mai. Une décision sur cette question devrait donc être prise en mars, mais le processus n'est pas si simple.
Source : Radio Liberty









