
Une enquête de Radio Liberty a révélé que le gouvernement géorgien avait créé, par un décret adopté en février, une nouvelle zone d'accès restreint baptisée « Abastumani-2 ». Ces nouvelles règles, qui sont entrées en vigueur le 16 avril, interdisent l'accès à l'espace aérien d'un diamètre d'environ 52 kilomètres au-dessus de la ville d'Abastumani. Il s'agit d'un cas pratiquement sans précédent pour la Géorgie.
Cette zone s'étend de la frontière turco-géorgienne jusqu'à Abastumani, en passant par la région d'Adigé et une partie du sud de la Géorgie. La marge de manœuvre est donc considérablement réduite dans une zone où les vols s'effectuent déjà dans des conditions difficiles en raison du relief.
Le gouvernement géorgien affirme que cette restriction fait suite à une demande de l'observatoire d'astrophysique d'Abastumani.
Alexandre Tevzadze, le directeur de l'observatoire, a déclaré à Radio Liberty que les traces laissées par les avions perturbaient les observations nocturnes et que l'établissement réclamait depuis de nombreuses années une interdiction plus large. Il ajoute que cette demande est devenue encore plus pressante depuis la mise en service du nouveau télescope.
Cependant, l'enquête se concentre principalement sur un autre aspect.
Des sources de Radio Liberty issues du secteur aéronautique et des autorités publiques affirment que la question ne se limite pas à des considérations scientifiques. Selon elles, la fermeture de l'espace aérien d'Abastumani serait davantage un « caprice de Bidzina Ivanishvili » qu'une nécessité scientifique. Ivanishvili possède en effet une résidence à Abastumani depuis 2020.
Depuis 2018, des personnes liées à sa famille et à son entourage ont commencé à acheter des terrains et des biens immobiliers dans cette ville balnéaire. Des immeubles d'habitation, un hôtel en construction et un héliport y ont ensuite vu le jour. Après l'arrivée d'Ivanishvili, les investissements publics dans la région ont également augmenté.
Selon Transparency International Georgia, entre 2018 et 2022, l'État a dépensé environ 250 millions de lari pour divers projets dans cette ville. Au cours de cette période, le projet de construction routière a été modifié et une route de contournement a été construite, provoquant des problèmes environnementaux.
L'histoire de la fermeture de l'espace aérien au-dessus d'Abastumani remonte à 2019. À l'époque, à la demande de l'observatoire, les autorités avaient temporairement fermé une zone de 8 kilomètres. Cette restriction est ensuite devenue pratiquement permanente et la zone « Abastumani-1 » a été créée.
Les vols civils dans cette zone ont alors été interdits. Une exception subsistait toutefois : les vols d'aéronefs atterrissant ou décollant directement de ce territoire étaient autorisés. Selon l'enquête, le seul héliport de cette zone appartient à Bidzina Ivanishvili. Les nouvelles restrictions, qui s'étendent à une zone plus large, s'appliquent désormais également aux liaisons internationales.
Cette nouvelle zone comprend au moins trois liaisons importantes, dont les liaisons M747 et N644, qui relient l'Europe, l'Asie, le Moyen-Orient et le Caucase. Ces liaisons sont empruntées par des compagnies aériennes telles que Lufthansa, Turkish Airlines, Emirates, Qatar Airways et d'autres opérateurs internationaux.
Sources : médias géorgiens









