Le lancement de la Saison de la Francophonie : un hymne musical à la paix

Arménie francophone
26.03.2026

La musique possède ce pouvoir unique de rassembler les individus autour d’un langage universel, et la francophonie aussi. C’est dans cet esprit que la Maison de la musique de chambre Komitas a accueilli, ce 24 mars 2026, le concert inaugural de la Saison de la Francophonie en Arménie, organisé par le ministère des Affaires étrangères arménien. Dans un contexte de fortes tensions internationales, cette édition s'inscrit sous le signe de la paix et de la solidarité où la jeunesse est porteuse d’espoir.

 

Par Gabrielle Delorme

À cette occasion, l’éminent directeur artistique et chef d’orchestre Sedrak Yerkanyan a dirigé un orchestre majoritairement féminin, accompagné de deux solistes : Tereza Voskanyan à l’orgue et la soprano Galina Tsolakyan. Au programme de cette soirée ont figuré les compositeurs français Claude Balbastre pour l’ouverture, ainsi que Jean-Philippe Rameau et Jean-Baptiste Lully. Dans ce lieu emblématique, les espoirs de paix portés par le monde francophone en Arménie ont résonné en chœur. 

 

Fière de l’appartenance de son pays à cette grande famille, la ministre de l’Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports, Madame Zhanna Andreasyan, a souligné que la coopération avec les instances francophones constitue un axe majeur de la politique extérieure arménienne.

 

Preuve en est : le « Mois de la Francophonie », qui met à l’honneur la langue française et la diversité culturelle des pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie, ne se limite pas à trente jours. Il s’étend sur deux mois, voire tout au long de l'année, tant les événements francophones sont omniprésents de janvier à décembre.

Par ailleurs, cet engagement historique, illustré par le Sommet de la Francophonie à Erevan en 2018, s'intensifie avec l’accueil de la 10e édition des Jeux de la Francophonie en 2027, un défi de taille qui réunira plus de 50 délégations.

 


Une ambition francophone ancrée dans la diplomatie arménienne

Le renforcement de l’apprentissage de la langue française est également au cœur des priorités, comme le précise le vice-ministre de la Culture, Daniel Danielyan :

 

« Nous travaillons en partenariat avec l’OIF pour déployer des enseignants de français dans toutes les régions d’Arménie. Parallèlement, avec nos propres ressources, nous développons l’enseignement du français au sein des universités et des établissements scolaires. »

 

Mais la francophonie dépasse largement le cadre linguistique : c’est un espace politique, économique et surtout culturel. Durant cette saison, l’Arménie ne compte pas moins de 1 500 manifestations portées par le gouvernement, les États membres de l’OIF et la société civile. Danse, théâtre, cinéma, conférences ou concerts : il y en a pour tous les goûts et tous les âges. L’objectif est double : diffuser la culture francophone sur l’ensemble du territoire et tisser de nouveaux liens entre les acteurs du monde francophone.

À l’image de cette soirée inaugurale, la saison de la Francophonie ambitionne de faire rayonner la paix au travers d’une collaboration active entre les cultures.

 

Bâtir, par la Francophonie, un monde plus apaisé

Selon Madame la Ministre de l’Éducation en Arménie, « la culture et l’art sont des fondements solides pour la paix et la solidarité », permettant de bâtir un monde plus stable. Dans le climat actuel de tensions internationales, la ministre de l’Éducation a tenu à rappeler les valeurs cardinales de la Francophonie : la paix, la démocratie, les droits humains, la solidarité et la diversité. L’attachement de l’Arménie à ces principes se traduit par un renforcement de sa coopération avec les instances francophones et par la création de ponts culturels durables. 

Cette vision est partagée par l'ensemble des diplomates présents, qui voient en Francophonie une plateforme de dialogue privilégiée au sein d'un équilibre mondial fragile. Pour l’Ambassadeur de Belgique en Arménie, M. Eric de Muynck, la paix « reste un choix et une responsabilité », une mission que l’espace francophone, qu’il qualifie « de lieu qui rapproche, de dialogue et de solidarité », est prêt à assumer. Un engagement collectif qu'il résume par cet appel à l'action :

 

« Ensemble, en Arménie et à travers tout le monde francophone, continuons à porter cet engagement pour la paix, les droits humains, le développement durable et une planète vivable. »

 

Mais la réussite de cet engagement repose sur un autre acteur central : la jeunesse. 

 

La jeunesse au cœur des ambitions de l’organisation francophone 

Cette année, la Journée internationale de la Francophonie du 20 mars était placée sous le signe de la contribution de la jeunesse à la paix. À travers le concept de « Génération Paix », l'OIF souhaite favoriser la réflexion sur le rôle des jeunes face aux crises mondiales. L’ambassadeur de Belgique en Arménie confirme cet échange prometteur entre la jeunesse et les institutions :

« Je pense que nous devrions travailler ensemble, au sein du groupe des États membres de l'OIF, à nous rapprocher de cette jeunesse. Cela me rappelle la visite de la Reine des Belges en octobre dernier (2025) : elle avait rencontré à l'Université d'État d'Erevan des jeunes qui plaçaient la paix au sommet de leurs priorités. Je pense qu’il faut les accompagner dans cette aspiration, et en retour, leur enthousiasme doit nous appuyer. »

 


M. Eric de Muynck, Ambassadeur de Belgique en Arménie, président du Groupe des ambassadeurs francophones en Arménie

Le vice-ministre de la Culture, Daniel Danielyan, partage ce constat :

« Tous les changements sont portés par la jeunesse. En tant que pays indépendant issu de l'ère post-soviétique, l'Arménie voit ses valeurs portées par les nouvelles générations. Nous misons sur elles pour un changement de mentalité global et pour le développement des valeurs universelles de la Francophonie : la fraternité, la solidarité et la diversité. »

Pour conclure, l'Ambassadeur de Belgique résume cette saison en trois mots : « Jeunesse, paix et espoir ». Il ne reste plus qu’à souhaiter que la résonance de ces mots trouve un écho universel.