COP17 : l’alimentation scolaire, un levier pour préserver la biodiversité en Arménie

Lors de la COP17 à Erevan, l’Arménie a présenté son programme national d’alimentation scolaire comme un modèle associant santé des enfants, éducation, agriculture locale et préservation de la biodiversité. Aujourd’hui entièrement financé par l’État, ce programme bénéficie à plus de 100 000 élèves dans toutes les régions du pays.

 

Dans le cadre de la 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (COP17), le ministère arménien de l’Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports et le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) ont organisé une table ronde au Centre Meridian. Intitulée « L’éducation, moteur de la conservation de la biodiversité et du développement de systèmes alimentaires durables », cette rencontre a mis en lumière les liens entre alimentation scolaire, qualité de l’éducation et protection de l’environnement.

 

Plus de 100 000 élèves bénéficiaires

La séance d’ouverture a été marquée par les interventions de la ministre arménienne de l’Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports, Zhanna Andreasyan, et du directeur exécutif adjoint du PAM, Matthew Hollingworth.

La ministre a remercié le PAM pour sa coopération avec l’Arménie et souligné le rôle essentiel de l’éducation dans la sécurité alimentaire et la préservation de la biodiversité. Les initiatives d’écoliers et d’étudiants présentées dans la « Zone verte » de la COP17 en témoignent, selon elle : elles montrent comment les connaissances acquises à l’école peuvent se traduire en actions concrètes en faveur de l’environnement et du développement durable.

Zhanna Andreasyan a également mis en avant les résultats du programme national « Alimentation scolaire », lancé avec le soutien de partenaires internationaux et désormais entièrement financé par l’État. Celui-ci permet à plus de 100 000 élèves des premières années du primaire, dans toutes les régions d’Arménie, de bénéficier de repas équilibrés. Matthew Hollingworth, pour sa part, a évoqué le chiffre de 107 000 enfants.

« L’importance de ce programme ne se limite pas à la simple distribution de repas aux enfants ; il est progressivement devenu un élément essentiel du processus éducatif, contribuant à l’adoption d’un mode de vie sain et à une attitude respectueuse envers l’environnement », a expliqué la ministre.

Le thème de l’alimentation saine est intégré au cours obligatoire consacré au mode de vie sain. Il permet aux élèves d’acquérir un ensemble de connaissances et de compétences relatives à leurs habitudes alimentaires et à leurs effets sur la santé.

 

Des jardins scolaires pour apprendre par la pratique

L’approche arménienne accorde également une place importante à l’environnement dans lequel les enfants apprennent. Dans les écoles nouvellement construites, une attention particulière est ainsi portée à l’organisation des repas et aux infrastructures nécessaires.

La ministre a notamment insisté sur le développement de jardins scolaires et de serres qui, lorsque les conditions le permettent, devraient faire partie intégrante de la vie scolaire.

Ces espaces offrent aux élèves la possibilité de mettre en pratique leurs connaissances en participant à l’entretien des plantations. Ils leur permettent de mieux comprendre les liens entre alimentation, agriculture et biodiversité, tout en développant leur sens des responsabilités et leur engagement en faveur du développement durable.

Les participants à la table ronde ont également pu découvrir des établissements scolaires arméniens grâce à la réalité virtuelle et se familiariser avec le programme « De la biodiversité à l’assiette scolaire ». Cette expérience illustre les liens entre la préservation des écosystèmes, l’éducation et une alimentation saine.

 

Une expérience à partager à l’international

L’Arménie souhaite désormais faire connaître son modèle au-delà de ses frontières et se dit prête à accompagner les pays qui commencent à mettre en place ou à développer leurs propres programmes d’alimentation scolaire.

« En tant que pays ayant rejoint la Coalition mondiale pour l’alimentation scolaire, l’Arménie a le devoir et la responsabilité de diffuser ces idées importantes et de soutenir ses partenaires internationaux », a déclaré Zhanna Andreasyan. Elle a également exprimé sa reconnaissance envers le PAM et la Fondation pour l’alimentation scolaire et le bien-être des enfants pour leur engagement et les résultats obtenus.

Matthew Hollingworth a salué les progrès de l’Arménie, qu’il a présentée comme un pays de premier plan dans le domaine de l’alimentation scolaire. Selon lui, le programme contribue non seulement à améliorer l’alimentation des enfants, mais aussi à renforcer la qualité de l’éducation, à soutenir l’agriculture locale, à créer des emplois et à préserver la biodiversité.

« Notre rôle consiste à soutenir le gouvernement arménien afin que les enfants prennent conscience dès leur plus jeune âge de l’importance d’une alimentation saine, se familiarisent avec les systèmes alimentaires locaux et fassent des choix éclairés », a-t-il déclaré.

Évoquant les 107 000 enfants concernés, il a souligné que ce programme arménien pourrait produire des changements importants et durables dans le pays.

 

Un dialogue entre sept pays

La table ronde s’est poursuivie par une discussion de haut niveau réunissant des délégués d’Arménie, du Brésil, du Cambodge, d’Indonésie, du Japon, du Kirghizistan et du Rwanda. Les participants ont présenté les expériences nationales et les engagements politiques de leurs pays respectifs.

Les échanges ont porté sur deux grands thèmes : le leadership politique au service de la biodiversité, de la sécurité alimentaire et du capital humain, puis l’alimentation scolaire comme levier de transformation des systèmes alimentaires.

Parmi les responsables présents figuraient également la vice-ministre arménienne de l’Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports, Anna Babajanyan, le vice-ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Robert Abisoghomyan, et le vice-ministre de l’Économie, Arman Khachoyan, ainsi que des vice-ministres et hauts responsables des pays partenaires.

À travers cette initiative présentée lors de la COP17, l’Arménie défend une vision de l’alimentation scolaire qui dépasse la seule question des repas : en associant éducation, agriculture locale et sensibilisation à la biodiversité, le programme entend contribuer à former une génération plus consciente des liens entre santé humaine et préservation de la nature.

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