UFAR : la remise des diplômes de la promotion 2026 « Missak Manouchian »
À l’Opéra national d’Erevan, mardi 29 septembre, l’UFAR organise sa cérémonie de remise des diplômes. Un événement exceptionnel qui réunit les étudiants en licence et en master pour célébrer ensemble l’aboutissement de plusieurs années d’études et de travail.
Par Lucie Kaprielian et Louna Proniaev
«Aucun d’entre nous ne pouvait réellement imaginer le chemin que nous allions parcourir, ni la personne que nous serions au moment de l’obtention de notre diplôme.» C’est ce qu’évoque un jeune tout juste diplômé de l’Université française en Arménie (UFAR). Mardi 29 septembre, à l’Opéra national d’Erevan, ce ne sont pas les danseurs qui font briller les yeux des spectateurs cette fois-ci. Un événement bien différent s’y déroule : la remise des diplômes de la promotion 2026 «Missak Manouchian».
Toge bleue foncée et coiffe carrée emblématique, dans la salle de spectacle, c’est une fourmilière d’émotions qui montre bien l’importance de ce jour. Sourire aux lèvres, vérification vestimentaire, excitation et stress… chaque étudiant n’attend qu’une chose : le moment où son nom sera appelé, avant de monter sur scène et de rejoindre officiellement la communauté des diplômés de l’UFAR. Mais avant ça, patience.
Salwa Nacouzi, rectrice de l’UFAR, est la première à monter sur scène et à prendre la parole. Dans son discours d’ouverture, cette dernière encourage les élèves à «rester curieux, à continuer à apprendre, à se tromper parfois» tout en rappelant de «ne jamais renoncer à leurs convictions lorsqu'elles sont fondées sur des valeurs auxquelles ils croient profondément». Elle remercie l’ambassade de France en Arménie qui continue sans relâche à les soutenir, ainsi que les ministères de l'Éducation et des Affaires étrangères d’Arménie.
Après elle, d’autres personnalités officielles ont à leur tour adressé leurs félicitations aux nouveaux diplômés. Parmi eux se trouvent Kristina Tataryan, vice-ministre de l’Education, S.E. M. Florian Escudié, l'ambassadeur de France en Arménie, Karine Vardanyan, deuxième secrétaire de la direction de l’Europe du ministère des Affaires étrangères, mais aussi Gilles Bonnet, président de l’université Jean Moulin Lyon 3 et Alain Crouzil, représentant de l’Université de Toulouse.
L’UFAR, «université d’excellence»
L’UFAR n’est pas qu’une simple université française en Arménie. Elle offre un statut bien plus avantageux en sortie d’études. C’est ce que soutient l'ambassadeur de France en Arménie, Florian Escudié, également présent. Il a tenu notamment à féliciter les jeunes diplômés d’avoir travaillé dur «au sein d’une université d’excellence connue pour être l’une des plus exigeantes en Arménie.»
Des efforts couronnés par l’obtention d’un double diplôme français et arménien avec des universités reconnues en France, dont l’université Jean Moulin Lyon III et l’université de Toulouse. Soit, un «sésame» sur le marché du travail rendant les étudiants plus attractifs. Florian Escudié évoque que l’UFAR offre un taux d’employabilité exceptionnel, avec 97 % de ses diplômés qui trouvent un emploi à la sortie d’études, avant de souligner le rôle des étudiants en tant que «piliers de la relation entre la France et l’Arménie», qui implique à la fois une forme d’opportunité et de responsabilité.
La vice-ministre de l’Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports de la République d’Arménie, Kristina Tataryan, a souligné le rôle de jeunes professionnels qualifiés, engagés et responsables dans le développement du pays. Elle a également mis en avant la spécificité du modèle éducatif de l’UFAR, fondé sur le plurilinguisme et une forte ouverture internationale.
Un des «ponts vivants» qui lient la France à l’Arménie
« Les liens profonds unissant la France à l’Arménie ont une expression concrète et moderne aujourd’hui, dont une des preuves principales est l’UFAR », estime Karine Vardanyan, deuxième secrétaire de la direction de l’Europe du Ministère des Affaires étrangères. Elle constate avec grande joie que les relations franco-arméniennes se trouvent à un très haut niveau. À titre d’exemple, elle n’hésite pas à rappeler que lors de la visite officielle d’Emmanuel Macron en mai dernier, une convention a été signée créant de nouvelles opportunités de coopération stratégique entre les deux pays, précisant que, parmi les nombreux documents, l’UFAR était concerné.
L’UFAR, durant toutes ses années d’existence, est devenu un « bel exemple de coopération entre les deux pays ». » Il permet aux étudiants de recevoir une éducation aux standards européens, et ainsi de former une génération portant en elle les valeurs des deux pays. »
Pays membre de l’OIF, l’Arménie est tout particulièrement intéressée par la proposition d’une formation francophone continue. De ce fait, la mission de l’UFAR ne se limite pas à la formation de nouveaux cadres, mais aussi à favoriser le développement du milieu culturel francophone du pays.
Karine Vardanyan a insisté sur l'importance de l’éducation supérieure comme l’une des bases de l’avenir du développement de l’Arménie. Les connaissances acquises par les étudiants lors de leur formation et de leur développement personnel aideront à contribuer au développement économique de l'Arménie, indépendamment de leurs voies de carrière choisies, tout en continuant à consolider les liens d’amitié qui unissent la France et l’Arménie, «pour devenir un de ces ponts vivants qui rallient les deux pays.»
Le président de l’université Lyon III, Gilles Bonnet, après de chaleureuses et sincères félicitations, a rappelé que Lyon III constituait plus qu’un compagnon de route de l’UFAR, puisqu’il a directement contribué à sa fondation. Depuis, leur collaboration est intense. La région lyonnaise a notamment été une terre d’accueil pour les Arméniens après le génocide de 1915.
Promotion 2026: Missak Manouchian
À travers les discours, tous ont un point commun. Un nom ressort à chaque fois. Il est affiché partout : à l’entrée de l’Opéra, dans les prospectus déposés sur les sièges, à l’écran au fond de la scène. Une forte attention est portée à Missak Manouchian, figure emblématique de l’amitié franco-arménienne, panthéonisé avec son épouse Mélinée Manouchian en février 2024.
Connu en tant que résistant étranger en France lors de la Seconde Guerre mondiale et pour l'Affiche rouge, ce choix de personnalité pour représenter leur promotion a été fait par les étudiants. « En Arménie, on ne connaît pas Missak Manouchian aussi bien que les Français ou les Arméniens qui vivent en France. Je pense que c’est pour célébrer Missak Manouchian ici et aussi pour que les Arméniens d’ici le connaissent», explique Karine Avalyan, diplômée en management-finance.
La rectrice de l’UFAR, Salwa Nacouzi, explique que ce nom « nous renvoie à une histoire particulière, de courage, d'engagement et de résistance ». C’est un homme d'origine arménienne qui a choisi en France de s’engager pour une cause universelle. Son parcours rappelle que nos identités peuvent être multiples, que l’engagement peut dépasser les frontières. Son nom constitue un lien très fort entre l’Arménie et la France, dans une université qui construit des ponts entre cultures, pays et générations.»
La deuxième secrétaire de la direction de l’Europe du ministère des Affaires étrangères arménien insiste sur ce que représente le choix du nom « Missak Manouchian » : « Aujourd'hui, ce résistant arménien, héros de la résistance, est le symbole de l’amitié franco-arménienne. Son entrée dans le Panthéon français a souligné la profondeur des relations historiques arméno-françaises.»
Gilles Bonnet, président de l’université française Lyon 3, a ajouté que dans l’un de ses poèmes, Missak Manouchian se disait animé par la passion sans limites de l’humanité : « Dans les temps troublés qui sont les nôtres, ayons, chers diplômés, ensemble cette passion sans limite de l’humanité.»
Une cérémonie prestigieuse
Discours après discours, diffusion de vidéos souvenirs qui remplissent la salle de rires et de sourires, tout se passe comme prévu avec ce petit quelque chose en plus qui rend ce genre de cérémonie si particulier et unique.
La remise des prix est le moment le plus attendu de la soirée. C’est celui que les étudiants attendent avec impatience depuis le début de la soirée. Et tout commence avec les étudiants lauréats, major de leur promotion. Ils sont accueillis sur scène par les sponsors de l’événement. Tout d’abord par Hayk Stepanyan, directeur exécutif d’Inecobank, Artyom Tchitchyan, directeur exécutif adjoint et directeur du service des affaires d’entreprise d’Inecobank, puis par Norayr Mkhitaryan, directeur financier du groupe “Frères Badalyan”, membre du CA de SoftConstruct, membre du CA et diplômé de l’UFAR et Gegham Yegoryan, directeur du développement des produits chez SoftConstruct, une entreprise du groupe “Frères Badalyan”.
Les élèves ne sont pas les seuls à être mis à l’honneur. Les enseignants ont aussi droit à leur récompense : des prix sont également décernés aux meilleurs enseignants de chaque faculté de l’UFAR. Par ailleurs, les choses s’enchaînent rapidement avec les discours des représentants des diplômés.
Parmi ces discours, ils évoquent «la résilience développée dans les salles de cours de notre université qui nous ont préparés à être compétitifs sur toutes les scènes», d’autres vont parler de leurs apprentissages, qu’ils ont appris à «assumer nos responsabilités, à surmonter les difficultés, à travailler en équipe, à défendre nos opinions», mais aussi de ce qu’a représenté l’UFAR pour eux : «un lieu où se sont créées des amitiés, où sont nées des idées, où nous avons connu des réussites, des déceptions, des épreuves et des victoires». C’est à la fin de ces mots que chaque nouveau diplômé se lève lorsque son nom est appelé et monte sur scène pour marquer cette étape importante de son parcours à l’UFAR.