Le chef-d’œuvre de Vardges Surenyants revient en Arménie après plus de 130 ans
La Galerie nationale d’Arménie accueille l’exposition internationale « Le visage de l’humanité : L’Abandonné de Surenyants et l’art humaniste », qui réunit pour la première fois en un même lieu trois œuvres monumentales du peintre arménien.
C’est l’un des événements majeurs de la rentrée culturelle à Erevan. Pour la première fois depuis sa création, il y a plus de 130 ans, L’Abandonné (The Outcast, 1894) de Vardges Surenyants est présenté au public arménien. Le tableau, considéré comme l’une des œuvres majeures du peintre, a été exceptionnellement prêté par le Musée national des arts Abilkhan Kasteev du Kazakhstan.
L’exposition, organisée à la Galerie nationale d’Arménie, se concentre sur la notion d’humanisme et entend replacer l’œuvre de Surenyants dans une réflexion plus large sur la dignité humaine, la mémoire et la responsabilité.
Des pièces d'exception réunies
Ainsi, pour la première fois, trois œuvres monumentales majeures de cet artiste de la fin du XIXe siècle sont réunies dans un même espace : « L'Abandonnée » (1894), « Le Sanctuaire profané » (Desecrated Shrine / Desecrated Sanctity, 1895) et « Après le massacre » (1898). Pièce maîtresse : à côté du tableau « L'Abandonnée », est exposée une véritable porte médiévale en bois de l'église des Saints Apôtres (Surb Arakelots) de Sevanavank — la porte même qui est représentée sur la toile (prêtée par le Musée historique d'Arménie). Autres artistes : L’exposition présente également des œuvres d’autres artistes, notamment Panos Terlemezian et Mariam Aslamazyan.
L’exposition établit également un dialogue avec les œuvres de plusieurs générations d’artistes arméniens, parmi lesquels Panos Terlemezian, Sargis Khachatourian, Zhirayr Ourgantian, Mariam Aslamazian et Armine Kalents. Deux œuvres provenant des collections du Musée d’histoire de l’Arménie complètent le parcours.
Autre pièce remarquable : la porte historique de l’église des Saints-Apôtres de Sevanavank, représentée dans L’Abandonné. La présence de l’objet original aux côtés du tableau permet de confronter directement la représentation artistique à son modèle historique.
L’humanisme au cœur de l’exposition
Lors de l’inauguration, le vice-ministre de l’Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports Alfred Kocharyan a souligné la portée culturelle de l’exposition et remercié les partenaires kazakhs ayant contribué à sa réalisation. Il a également mis en avant la coopération culturelle entre l’Arménie et le Kazakhstan, notamment à travers les précédentes Journées de la culture organisées dans les deux pays.
La directrice de la Galerie nationale d’Arménie, Marina Hakobyan, a pour sa part rappelé que l’œuvre de Surenyants était profondément liée à son époque, tout en dépassant le cadre d’événements historiques particuliers. Selon elle, le peintre a transformé cette réalité en une réflexion de portée universelle, plaçant l’être humain et sa dignité au centre du propos.
Le commissariat de l’exposition a été confié à l’historien de l’art Vigen Galstyan. Le projet entend ainsi montrer que les questions soulevées par Surenyants à la fin du XIXe siècle — la souffrance, la mémoire, la compassion et la dignité humaine — continuent de nourrir la réflexion artistique contemporaine.
L’exposition a ouvert ses portes le 16 septembre 2026 et se poursuivra jusqu’au 17 février 2027.