Pour les professionnels de la coopération avec l’Arménie, « la France doit s'impliquer, c’est maintenant qu’il faut investir. »

Economie
09.03.2026

La récente mission du MEDEF International en Arménie organisée par la CCIFA-Arménie a rassemblé des acteurs publics et privés déjà solidement engagés dans une relation bilatérale fructueuse. Parmi eux, Florence Provendier, coordonnatrice des coopérations au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), et Charles-Henri Roy, fondateur du cabinet Hérès à Paris qui collabore depuis 2023 en Arménie avec Wise Law Firm. Forts de leur expérience auprès des autorités et des populations locales, ils s’accordent sur un point : l’Arménie offre un environnement économique stable et dynamique, porté par une croissance durable et l'excellence de sa jeunesse.

 

Par Gabrielle Delorme

Un nouvel élan pour la coopération économique franco-arménienne sous l’égide du MEAE 

Historiquement, la France et l’Arménie partagent de profonds liens diplomatiques, culturels et humains. C’est désormais également sur le plan économique, longtemps resté en retrait, que s’intensifient les relations entre les deux pays. Pour structurer les multiples initiatives, une mission de coordination des coopérations a été officiellement établie en avril 2024 au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Ce nouveau service a pour rôle de favoriser les synergies entre les entreprises, les collectivités territoriales et les organisations de la société civile des deux pays.

 


Florence Provendier à Goris lors de l'inauguration des paniers du Syunik 

La direction de cette mission a été confiée à Florence Provendier, pour qui « l’Arménie est une rencontre ». Ancienne députée des Hauts-de-Seine, c’est à Issy-les-Moulineaux qu’elle a tissé ses premiers liens avec la communauté arménienne, très présente dans cette ville. Son engagement s'est intensifié lors de la guerre de 2020 : elle s'est alors rendue en Arménie pour témoigner d'une réalité souvent occultée par les médias français. Forte de cette expérience humaine profonde, elle œuvre désormais à transformer cet attachement en un levier de croissance et de coopération économique durable qui respecte « les désirs réels de l’Arménie ». 

 

Trois années fructueuses de partenariat entre le français Hérès et l’arménienne Wise Law Firm : 

Autre illustration de l’essor des relations économiques entre les deux pays : le nombre croissant d’entreprises françaises qui s’installent en Arménie, à l’image du cabinet Hérès. Fondé à Paris en 2013 par Charles-Henri Roy, il s’est initialement donné pour mission d’accompagner l’expansion internationale des entreprises françaises et de conseiller les investisseurs étrangers dans l'Hexagone. En 2023, porté par la volonté de diversifier sa clientèle et de resserrer les liens économiques franco-arméniens, le cabinet a franchi une étape historique en s'implantant à Érevan. Grâce à un partenariat exclusif avec l’entreprise arménienne Wise Law Firm, Hérès est devenu le premier cabinet d'avocats français à s'établir durablement dans le pays.


Charles-Henri Roy lors de la réception organisée par la CCIFA à l'occasion de la visite de la délégation du MEDEF

Reconnu pour l'expertise et le professionnalisme de ses équipes, Wise Law Firm collabore étroitement avec Hérès dans des domaines clés : droit des sociétés, droit des contrats, droit des affaires et nouvelles technologies. Ensemble, ils se concentrent sur le pilotage de projets d'investissement d'envergure, notamment dans les secteurs stratégiques de l'énergie, de l'agriculture, des infrastructures et de la tech.

Fort de trois années de coopération, Charles-Henri Roy tire un bilan très positif de cette alliance, dont la « qualité de l’être humain » est au rendez-vous. Présent lors des événements de la délégation, il témoigne, avec son partenaire arménien, de la réussite de ce projet pour encourager ses homologues français à franchir le pas et à s'installer, eux aussi, en Arménie.

 

Pourquoi encourager les entreprises françaises à s’implanter maintenant en Arménie ? 

Pour ces deux experts, l’Arménie dispose d’arguments de poids pour attirer les investisseurs français. 

Son premier atout réside dans sa position géographique stratégique. Elle offre en effet un accès privilégié aux marchés de l’Union économique eurasiatique (UEE), de la Communauté des États indépendants (CEI) et de l’Iran. 

Selon la Chambre de Commerce et d’Industrie France Arménie, avec « l'économie la plus libérale et la plus ouverte de la CEI », le pays est « en pleine expansion ». Par ailleurs, les efforts de normalisation des relations avec l'Azerbaïdjan contribuent à stabiliser le contexte régional. Cette nouvelle donne encourage désormais les entreprises françaises à considérer le pays comme un investissement durable. D’autant plus que, dans une perspective de rapprochement avec l’Union européenne, l’Arménie aligne progressivement ses infrastructures sur les standards européens. Pour la coordinatrice du MEAE, l'Arménie doit désormais être considérée comme un « marché comme les autres », accessible et structuré.

 

Le pays s'affirme également comme un hub technologique majeur, la transformation numérique étant érigée au rang de priorité nationale. Et la scène internationale l’a vite compris. Comme le souligne Charles-Henri Roy : « Les marchés américains et chinois sont déjà dans la course ; la France doit s'impliquer, c’est maintenant qu’il faut investir. » 

 

Enfin, pour Florence Provendier, la jeunesse arménienne constitue un « vivier incroyable ». Elle bénéficie d’une formation d’excellence, particulièrement dans les domaines de l’ingénierie et des sciences juridiques, un point également souligné par le directeur d'Hérès. L’enjeu majeur pour le pays consiste désormais à retenir ces talents afin qu'ils participent activement au développement régional. 

Du côté des investisseurs, cette nouvelle génération représente un véritable atout stratégique : un réservoir de compétences, de dynamisme et d'esprit entrepreneurial. L'avocat insiste d'ailleurs sur la « qualité de l'humain » comme facteur déterminant de réussite. L’implantation d’entreprises françaises en Arménie, au-delà de la création d’emplois, permettrait ainsi de faire converger les besoins des entrepreneurs et les ambitions d’une jeunesse prête à s’engager.