Pashinyan répond à Medvedev : « L’Arménie, c’est l’Arménie, et elle ne deviendra rien d’autre »

« L’Arménie, c’est l’Arménie, et elle ne deviendra rien d’autre. » C’est en ces termes que le Premier ministre arménien, Nikol Pashinyan, a réagi le 8 octobre, lors d’un point presse, aux propos de Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie. Celui-ci avait affirmé que le pire scénario pour l’Arménie serait qu’elle devienne « une nouvelle Ukraine ».

 

Nikol Pashinyan a déclaré que l’Arménie avait déjà traversé des épreuves particulièrement difficiles, évoquant notamment, selon lui, le non-respect par l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) de ses obligations envers l’Arménie en septembre 2020.

Le Premier ministre a également fait remarquer que certains pourraient craindre que l’Arménie ne devienne semblable à la Russie, alors que des explosions se produisent régulièrement dans différentes régions de la Fédération de Russie.

« Le pays deviendra un État bien plus souverain, et c’est la voie que nous avons choisie », a-t-il ajouté.

 

Medvedev met en garde contre un changement d’orientation

Dans une interview accordée à la télévision et à la radio d’État iraniennes, Dmitri Medvedev avait estimé que le changement d’orientation de la politique étrangère arménienne n’aurait pas de conséquences positives. « Le pire qui puisse arriver à l’Arménie, c’est qu’elle devienne une nouvelle Ukraine », avait-il déclaré, selon les médias russes.

Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de tensions autour de l’orientation internationale de l’Arménie et de ses relations avec la Russie.

Le 9 mai, le président russe Vladimir Poutine avait appelé Erevan à clarifier rapidement sa position concernant une éventuelle adhésion à l’Union européenne (UE), incompatible, selon Moscou, avec le maintien de l’Arménie au sein de l’Union économique eurasiatique (UEE). Il s’était alors dit prêt à « entamer une séparation civilisée » si l’Arménie choisissait de quitter cette dernière.

Les autorités arméniennes avaient répondu que le pays quitterait l’UEE lorsqu’il le jugerait nécessaire. Le 29 mai, les dirigeants de quatre des cinq États membres de l’UEE avaient adopté une résolution recommandant à l’Arménie d’organiser un référendum sur son maintien au sein de l’organisation. Le même jour, Vladimir Poutine avait déclaré que l’Arménie ne pouvait pas « jouer sur deux tableaux » et devait faire un choix.

 

L’adhésion à l’UE au cœur du débat

Le rapprochement avec l’Union européenne constitue un autre point de friction entre Erevan et Moscou. Le 9 janvier 2025, le gouvernement arménien avait approuvé un projet de loi visant à lancer le processus d’adhésion à l’UE, porté par l’initiative citoyenne « Evrakve ». Le Parlement l’avait adopté en lecture définitive le 26 mars, avant sa signature par le président le 4 avril 2025.

Moscou a, pour sa part, affirmé à plusieurs reprises que l’Arménie ne pouvait pas être simultanément membre de l’Union européenne et de l’Union économique eurasiatique.

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