La CCIFA, un pont entre la France et l'Arménie

Arménie francophone
05.03.2026

Lors de la venue de la délégation du MEDEF à Erevan, la Chambre de Commerce et d’Industrie franco-arménienne (CCIFA) a organisé, jeudi 26 février, une réception où se sont rencontrés les membres de la délégation, les entreprises françaises déjà implantées en Arménie et des entreprises arméniennes. L’occasion de faire le point avec son président, Armen Mnatzakanian, sur l’action de cette structure, installée depuis 2022 à Erevan, pour promouvoir les relations économiques entre les entreprises des deux pays.

 

Par Gabrielle Delorme

 

« Auparavant, les entreprises françaises venaient en Arménie sans véritables projets ; juste pour voir ; pour « tâter le terrain. Aujourd’hui, ils peuvent s’appuyer sur une organisation efficace qui leur permet d’effectuer des rencontres de haut niveau avec des officiels et d’éventuels partenaires ».. Armen Mnatzakanian résume ainsi l’intérêt de la Chambre de Commerce et d’industrie franco-arménienne (CCIFA). Elle a pour but de promouvoir les relations économiques entre la France et l’Arménie et sert de plateforme pour favoriser les échanges entre les entreprises. La Chambre organise pour cela des prestations de mise en relation, d’accompagnement stratégique et de mise en visibilité. C’est donc en toute logique que la CCIFA a participé à l’accueil de la délégation du Medef à Erevan en organisant une réception le jeudi 26 février.

 

Facilitateur de business et provocateur de rencontres 

Créée en 1992 à Marseille, la CCIFA s'est installée à Erevan. « Les entreprises ne peuvent pas forcément venir ici et créer leur structure sans avoir des attaches locales. Il est essentiel qu'il y ait des personnes présentes ici ayant une vraie connaissance du pays pour faciliter leurs démarches », explique son président qui s’est installé en Arménie il y a trois ans. 

L'inauguration de la Chambre a eu lieu en novembre 2025 en présence de l'ambassadeur de France Olivier Decottignies et de Gevorg Papoyan, le ministre arménien de l'Economie, dans les locaux de Yerevan Brandy Company. « Cela nous a donné un élan et une vraie reconnaissance en Arménie. En l’espace de trois semaines seulement, une quarantaine d’entreprises ont adhéré ». Par ailleurs, la CCIFA reste implantée au siège historique de Marseille, ainsi qu’à Lyon et à Paris.

Dans le cadre de la visite de la délégation du MEDEF, « l'objectif était de présenter la quarantaine de structures adhérentes de la CCIFA. Ce sont des structures françaises déjà installées en Arménie : Véolia, Pernod Ricard, Carrefour, le groupe Richel, Grand Thornton…  Rien qu’en les présentant, cela a déjà créé des liens, non seulement entre entreprises, mais aussi avec des partenaires. Le domaine Jabourian a ainsi indiqué au Haut-commissariat aux Réfugiés qu’il pouvait faire travailler des réfugiés sur ses terres » ; constate M. Mnatzakanian.

Ainsi, la Chambre est un véritable “provocateur de rencontres” : « Nous avons pu organiser pour l’entreprise RAGNI, spécialiste de l’éclairage public et du luminaire, quatre rendez-vous de haut niveau, notamment avec la mairie d'Erevan et la structure qui reçoit les appels d'offres pour les luminaires dans la capitale arménienne ». 

 

De la jeunesse à la santé : un engagement total de la CCIFA 

L’action de la CCIA dépasse le volet économique. « Nous avons organisé, avec l’association Santé Arménie, la venue de quatre médecins français à Goris. Ils ont formé des pédiatres qui s’occupent de réfugiés de l’Artsakh à la physiothérapie pour enfants. Par ailleurs, nous accueillons chaque année en stage une quinzaine d'étudiants de l'Université française d'Arménie, l’UFAR, dans notre antenne de Marseille. Nous avons également signé un protocole avec l'IUT d'Aix-en-Provence et l’UFAR pour organiser des échanges croisés : quatre étudiants de chaque pays voyagent ainsi entre Aix et l'Arménie, tandis que trois enseignants français se rendent sur place pour animer des masterclass ».

La Chambre soutient également la réussite scolaire : une prime de 100 euros est attribuée aux bacheliers ayant obtenu la mention "Très Bien" au Baccalauréat, afin de les encourager dans la poursuite de leurs études supérieures.

 

« La jeunesse actuelle en Arménie est radicalement différente par rapport à celle d’il y a une vingtaine d'années ».

 

Armen Mnatzakanian précise cette pensée de la manière suivante : « D’abord, ils ont voyagé. Ensuite, cette ouverture vers le monde extérieur fait qu’ils sont beaucoup plus rapidement opérationnels. Si vous rendez à l'UFAR qui est composée à 85% d’étudiantes, vous constaterez qu’ils adorent entreprendre : ils organisent des jeux entre eux pour créer des startups. Et à la sortie de l'université ou quelques années plus tard, quand ils ont acquis de l’expérience, ils créent leur propre structure. C'est bouillonnant, c'est vraiment très bouillonnant ». Et il conclut : « Je suis assez épaté par cette jeunesse de l'Arménie ».