
Dans la salle des fresques de la Galerie Nationale d'Arménie s’est déroulée, ce lundi 4 mai à 19 heures, la réception de la communauté française en Arménie. A cette occasion, le président de la République française, venu en Arménie pour la Communauté politique européenne, s’est adressé à ses compatriotes présents sur place.
Par Eve Carmona
Dans sa prise de parole d’environ 25 minutes, Emmanuel Macron évoque la “passion” de la relation franco-arménienne, passion qui se voit lors des mouvements de foule que le président produit à chacun de ses déplacements depuis dimanche soir à Erevan.
Le président français a commencé par rappeler sa dernière visite en Arménie lors du Sommet de la Francophonie, en 2018, et ce, 20 ans après la dernière visite d'État d’un président français dans le pays, marquant ainsi, en plus de l’attachement mutuel des deux pays entre eux, celui que lui-même porte à l’Arménie.
Le chef d’Etat établit un bilan “en 8 ans, que d’évènements”. Il rend hommage aux victimes de la guerre de 2020, mais aussi au major Arnaud Fron, tombé en Irak en mars dernier quelques mois après avoir formé des soldats arméniens.
Une coopération à tous les niveaux
Emmanuel Macron met en avant la coopération bilatérale entre la France et l’Arménie, plus forte que jamais. Économique, culturelle et même militaire : la France devient le garde du corps de l’Arménie en formant et en envoyant des soldats dans le pays. Le président déclare:
“Lorsqu'après 2020, beaucoup ont tourné le dos ou oublié ce qui se passait ici, la France a décidé de construire une relation militaire qui n'existait pas jusqu'alors. L'Arménie reconstruit son armée, nous l'aidons, nous formons, nous équipons, nous conseillons les soldats arméniens et c'est une innovation de la relation bilatérale des dernières années.”
De plus, Emmanuel Macron salue le courage des dirigeants arméniens, en affirmant qu”il “doi[t] bien reconnaître qu'il y a eu, avec la révolution de velour et l'avènement des nouveaux dirigeants, des choix courageux qui ont été faits, qui ont été de clarifier cette relation [avec la Russie, ndlr]”. Je peux vous dire que la réunion de la Communauté politique européenne qui s'est tenue aujourd'hui avec plus de 40 dirigeants ne se serait jamais tenue avec des dirigeants arméniens à la main des Russes ou ambiguës avec la Russie.”
Le chef d'État insiste sur l’absence de l'ancien empire dans la géopolitique actuelle de la région, “Il vaut mieux ne pas trop [...] trop avoir besoin de la Russie”. Pour le Président, ce tournant est désormais « irréversible », plaçant l'Arménie « au cœur de l'Europe géopolitique ».
Alors que l'Arménie cherche de nouveaux appuis, Emmanuel Macron a rappelé que la France a été la seule à ne pas détourner le regard. Il assène à nouveau la persistance du lien franco-arménien : “Lorsqu’après 2020 beaucoup ont tourné le dos ou oublié ce qui se passait ici, la France a décidé de construire une relation militaire qui n'existait pas jusqu'alors”.
Un lien qui « dépasse le rationnel »
Mais ce lien est loin de n’être que géopolitique : Emmanuel Macron livre d’abord un discours de cœur où il décrit une relation de “passion” commune et un imaginaire français profondément “arménophile”. Pour Emmanuel Macron, cet attachement repose sur des valeurs partagées : “Cet amour de la liberté, de l'universel... cette volonté de ne rien céder, de garder son alphabet, sa langue, sa singularité là où tant et tant voulaient la soumettre.”
Il rend alors hommage à la communauté française d'Arménie et aux binationaux, en citant le célèbre Charles Aznavour, il est possible d’être “100 % français et 100 % arménien”, refusant les étiquettes pour célébrer une identité double qui fait la force de la France.
Finalement, le locataire de l’Elysée conclut sur une note poétique en évoquant l’“Arménie rêvée” de ceux qui, même malades ou lointains, gardent ce pays dans leur âme par la musique et la poésie.
“Jamais, depuis le tremblement de terre de 1988, la solidarité de la France avec l'Arménie n'avait été aussi active ni aussi concrète que durant ces dernières années”. Une promesse de fidélité qui place désormais la France comme la nouvelle défenseure naturelle de la jeune démocratie arménienne sur la route de l'Europe, vers laquelle l’”Arménie a décidé de se tourner”.









